mardi 27 octobre 2026 - 10:03
Une invocation qui transforme l’oppression subie en force et en sérénité !
Une invocation qui transforme l’oppression subie en force et en sérénité !

Hawzah / La personne injustement lésée qui fait preuve de patience est celle qui connaît ses droits et s’efforce de les faire valoir, sans pour autant laisser l’injustice ébranler sa foi ni sa vision théocentrique de Dieu.

(A. P. Hawzah) Dans la quatorzième invocation du Sahifah al-Sadjadiyah, l’Imam Zayn al-Abidin (que la paix soit sur lui) s’adresse au Dieu Très-Haut en ces termes :

اللَّهُمَّ وَإِنْ كَانَتِ الْخِيَرَةُ لِي عِنْدَكَ فِي تَأْخِيرِ الْأَخْذِ لِي وَتَرْكِ الِانْتِقَامِ مِمَّنْ ظَلَمَنِي إِلَى يَوْمِ الْفَصْلِ وَمَجْمَعِ الْخَصْمِ

Ô Allah ! S’il est préférable pour moi, selon Ton jugement, que le recouvrement de mon droit et la vengeance contre celui qui m’a lésé soient différés jusqu’au Jour de la Décision, où la vérité sera départagée et où les adversaires seront rassemblés,

فَصَلِّ عَلَى مُحَمَّدٍ وَآلِهِ وَأَيِّدْنِي مِنْكَ بِنِيَّةٍ صَادِقَةٍ وَصَبْرٍ دَائِمٍ

alors, accorde Tes bénédictions à Mohammad et à sa Famille, et fortifie-moi, par Ta grâce, en m’accordant une intention sincère et une patience constante.

Commentaire

Il arrive qu’une personne pense que la justice divine ne prend tout son sens que lorsque l’injustice reçoit une réponse immédiate et que l’auteur du tort est aussitôt sanctionné pour ses actes. Pourtant, dans la perspective du tawḥīd, la justice divine ne saurait être évaluée à l’aune de la rapidité du châtiment. Dieu n’est ni inattentif à l’injustice ni oublieux des droits de ceux qui la subissent. Chaque événement s’inscrit dans Son ordre sage et trouve sa place au moment opportun.

Ce qui mérite réflexion pour le serviteur de Dieu, c’est que le retard dans l’obtention de justice ne signifie nullement que son droit a été négligé ou abandonné. Il se peut que, durant ce délai, Dieu aménage une situation propice à l’élévation spirituelle, à l’épreuve et à la manifestation de la vérité, pour finalement faire apparaître le droit dans toute sa plénitude. La personne lésée ne doit donc pas interpréter le retard du châtiment de l’oppresseur comme le signe d’une absence de justice divine. En effet, cette justice dépasse les calculs limités et les jugements précipités de l’être humain.

Bien entendu, l’appel de l’islam à la patience ne signifie en aucun cas qu’il faille accepter l’injustice, renoncer à ses droits ou se soumettre à l’oppression. La personne lésée est en droit de se défendre, de revendiquer ses droits et de résister à l’injustice, dans les limites du droit et de la justice. Ce que l’islam exige d’elle, c’est de ne pas s’écarter elle-même de la voie de la justice dans ce combat et de ne pas transgresser les limites fixées par Dieu. Autrement dit, même au cœur de la souffrance et de la pression, elle ne doit pas abandonner la maîtrise d’elle-même à la colère. Elle doit être convaincue qu’il n’est pas nécessaire de commettre une injustice pour obtenir réparation.

La personne injustement lésée qui fait preuve de patience est donc celle qui, tout en connaissant ses droits et en s’efforçant de les faire valoir, ne permet pas à l’injustice subie d’ébranler sa foi ni sa vision théocentrique de Dieu.

Ainsi, conformément à l’enseignement lumineux de l’Imam Zayn al-Abidin (que la paix soit sur lui), il se peut qu’une personne souffre de l’injustice et de l’iniquité, au point de voir les voies de son salut se resserrer devant elle. Elle ne doit cependant jamais oublier que ce monde n’est pas livré à lui-même et que le destin de l’être humain se trouve entre les mains d’un Seigneur Tout-Puissant, Sage et Juste.

Cette conviction donne à la personne lésée la force de ne pas se soumettre à l’oppression et de ne pas sombrer dans le désespoir lorsque le soulagement tarde à venir. Elle sait que Dieu est témoin de tout, qu’Il voit les droits bafoués et qu’aucune souffrance ni aucun droit ne se perd auprès de Lui.

La patience n’est donc pas une attitude passive face à l’injustice, mais une forme de résistance empreinte de foi : une fermeté spirituelle qui permet de défendre ses droits sans renoncer aux principes de la justice, et de traverser l’épreuve sans perdre confiance en la sagesse et en la justice divines.

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